Assurance crédit : Les souscriptions flambent, le risque aussi...
• La crise entraîne une hausse de la demande mais, elle est aussi à l'origine de la montée des cas d'insolvabilité
• A court terme, la sinistralité sera atténuée par les mesures de soutien
• Plus de 210 milliards de DH de crédit interentreprises garantis
- L'Economiste: Comment ont évolué les délais de paiement ces derniers mois?
- Mehdi Arifi: Malgré un redémarrage progressif de l’activité économique dans la plupart des pays européens qui représentent des débouchés pour le Maroc, les effets de la crise subsisteront sur la croissance et sur le risque de crédit des entreprises. En effet, Coface prévoit une dégradation du PIB de -9,7% pour l’Union Européenne, princi- pale partenaire des exportateurs marocains. De plus, les principaux partenaires du Maroc en termes de volume d’exportations connaî- tront de fortes variations du nombre de défaillances d’entreprises en 2020/2021 par rapport à 2019. On note notamment une hausse de dé- faillances de 22% en Espagne, 21% en France, 43% aux Etats-Unis et 37% en Italie. Avec une prévision d’une augmentation moyenne des défaillances de 33% au niveau mondial, le Maroc n’échappe pas à la règle et nous devrons nous attendre à une hausse inéluctable des faillites d’entreprises sur les prochains mois, surtout dans les secteurs les plus impactés (BTP, tourisme, textile).
- Quelles sont les premières inci- dences sur la sinistralité?
- Les prévisions de sinistralité (impayés) pour 2020 seront complexes, du fait des mesures de soutien prises partout dans le monde pour atténuer temporairement le nombre de défaillances à court terme. Notre vigilance concernera 2021 quand tous les mécanismes mis en place par les gouvernements prendront fin.
- Quelle est la part du crédit in- terentreprises couverte par l'assu- rance-crédit?
- Les crédits interentreprises au Maroc dépassent les 400 milliards de DH. Ainsi, le fournisseur devient la première source de financement de l’économie à court terme. Il est indispensable, et rendu possible par une combinaison de la conjoncture économique et d’un climat de confiance entre clients et fournisseurs. Selon nos estimations, plus de 53% des crédits interentreprises seraient garantis par des contrats d’assurance-crédit.
- Face à l'augmentation du risque, va-t-on assister à une baisse des garanties?
- Les assureurs-crédit garantissent dans le monde environ 3.000 milliards d’euros de transactions commerciales, pour un niveau de fonds propres avoisinant les 10 milliards d’euros. D’où l’importance des anticipations. Coface avait prédit en début d’année 2020, à l’occasion du Colloque Risque Pays, que la plus grande menace économique serait d’origine non-économique. Mais, personne n’imaginait alors une crise sanitaire de cette magnitude. Pour les entreprises, les mesures de confinement soudaines prises par les gouvernements pour endiguer l’expansion de la pandémie, représentent un double choc d’offre et de demande touchant un grand nombre de secteurs d’activité. De ce fait, les assureurs crédit ont été amenés à revoir leur exposition en corrélation avec le niveau des commandes des clients et la capacité de ces derniers à résister à la crise.







